Quand les douleurs sont fortes après un shiatsu?

dois-je arrêter les séances?

Récemment, une patiente m’a confié son hésitation à poursuivre le shiatsu. Non par manque de confiance, mais par peur : la peur d’avoir mal après les séances. Cette question, je l’ai moi-même traversée. C’est ce qui m’a donné envie d’écrire ce texte.

Je vais vous partager mon expérience du shiatsu par rapport à mes douleurs.

En 2018, je souffrais de douleurs neuropathiques très importantes, au point d’être sous morphine 24h/24. J’avais également de fortes douleurs musculaires, une perte de force dans les jambes et des douleurs dorsales extrêmement handicapantes, allant parfois jusqu’à m’empêcher de marcher.

À l’époque, les médecins étaient très démunis face à mon état. Mes symptômes étaient si incompréhensibles qu’ils recherchaient activement une maladie auto-immune, tant le système nerveux semblait attaqué sans explication claire.

Ce n’est que récemment que nous avons pu mettre un nom précis sur cette maladie. Suite à de graves complications rencontrées par ma mère après une opération, de nombreuses analyses sanguines ont été menées. Son médecin a poussé les recherches très loin, y compris à l’international, lors de sommets de chirurgiens. C’est à ce moment-là que nous avons découvert qu’il s’agissait d’une maladie génétique, liée au système immunitaire, que nous partageons.

Le shiatsu m’a permis de sortir de cette spirale. Cependant, les six premiers mois de traitement ont été particulièrement éprouvants. Après les séances, mes douleurs étaient souvent plus intenses qu’avant, et la fatigue parfois écrasante, au point d’avoir besoin de dormir deux à trois jours. Mon corps avait beaucoup de mal à intégrer et à gérer toutes les informations reçues.

Avec le recul, je constate la même chose chez les personnes qui viennent en séance lorsqu’elles sont très malades et que leur système immunitaire est profondément mis à mal.

Plus la maladie est avancée, plus les effets secondaires des premières séances peuvent être difficiles. Le corps se retrouve alors submergé et peine à traiter toutes les informations. Cela demande beaucoup de persévérance et de courage — car oui, il en faut.

Il est important de dire aussi que la peur d’avoir mal est normale. Lorsqu’un corps a longtemps souffert, le système nerveux se met en mode protection. Cette peur n’est pas un signe d’échec, ni un mauvais signal : elle indique simplement que le corps est encore sur ses gardes.

Au fil des séances — généralement au minimum trois dans un laps de temps relativement court — les effets secondaires diminuent de manière très nette et laissent place à une évolution plus durable. Il est vrai qu’après la première séance, on peut parfois avoir l’impression que c’est pire. Comme si le corps avait besoin de faire quelques pas en arrière pour mieux s’adapter, se réorganiser et trouver un nouvel équilibre.

Une réaction forte n’est pas forcément le signe d’un corps fragile. Bien au contraire : c’est souvent un corps qui réagit, qui sort d’un état figé ou défensif. Un corps totalement silencieux n’est pas toujours un corps en train d’aller mieux. Le mouvement peut être inconfortable, mais il est aussi porteur de transformation.

Malgré ce que l’on pourrait croire, le shiatsu n’est pas « trop fort ». On n’oblige rien. On ne force rien. On ne contraint pas le corps. Le shiatsu est une pratique douce : on écoute, et on ouvre une voie. On ne modifie pas, on ne corrige pas ; on montre un chemin possible. L’adaptation à ce nouveau chemin peut parfois être douloureuse, surtout lorsque l’on s’accroche à ses douleurs, à des fonctionnements anciens ou à des mécanismes de défense profondément installés. Pendant le shiatsu : On écoute… et parfois, la maladie crie. Oui.

Il y a aussi une différence importante entre la douleur que l’on connaît — celle avec laquelle on a appris à vivre — et l’inconfort du changement. Le shiatsu ne promet pas l’absence de sensations, mais il ouvre la possibilité que ces sensations évoluent, se déplacent, se transforment.

À tout moment, le rythme peut être ajusté. Rien n’est imposé. Rien n’est irréversible. Le shiatsu n’enlève pas le contrôle au patient : il le lui rend. Continuer, ralentir, espacer ou arrêter reste toujours un choix.

Pour celles et ceux qui souhaitent mieux comprendre ces réactions, j’ai également rédigé un article détaillé sur les effets secondaires possibles du shiatsu. Mettre des mots sur ce qui traverse le corps aide souvent à apaiser la peur et à redonner du sens au processus. (https://floshiatsu.com/2025/09/24/shiatsu-et-effets-secondaires-pour-les-douleurs-de-types-inflammatoires/)https://floshiatsu.com/2025/09/24/shiatsu-et-effets-secondaires-pour-les-douleurs-de-types-inflammatoires/)

Aujourd’hui, les médecins ne me parlent quasiment plus de cette maladie auto-immune. Elle est pourtant bien présente, mais je la maintiens à distance grâce à une séance de shiatsu par mois et à ma pratique quotidienne.

Continuer le shiatsu est un choix, jamais une obligation. Mais parfois, rester un peu plus longtemps — malgré la peur — permet de découvrir que le corps sait bien plus de choses que ce que la douleur laisse croire.

Si vous traversez le doute ou la peur, sachez qu’ils ont toute leur place. Le corps a son propre rythme, et il mérite d’être respecté. Continuer le shiatsu est un choix, jamais une obligation.

La peur n’est pas toujours un signal d’arrêt ; elle peut aussi être le signe qu’un changement est en cours. Le shiatsu ne force rien, il accompagne. Ce n’est pas un combat contre soi, mais un dialogue à renouer avec son corps.

Parfois, accepter d’écouter un peu plus longtemps — malgré l’inconfort — permet de découvrir que ce qui faisait peur était aussi un passage vers quelque chose de plus apaisé, plus vivant.

N’hésitez pas à venir m’en parler. Beau week-end

Flo Shiatsu