Les effets secondaires des sĂ©ances shiatsu

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POURQUOI APRÈS UNE SÉANCE DE SHIATSU J’AI DES EFFETS SECONDAIRES PARFOIS DOULOUREUX ?

LES EFFETS POSSIBLES APRÈS UNE SÉANCE DE SHIATSU.

VOUS SORTEZ D’UNE SÉANCE DE SHIATSU ET VOUS VOUS SENTEZ SUPER BIEN. MAIS VOILÀ QU’APPARAISSENT LE LENDEMAIN OU QUELQUES JOURS PLUS TARD, DES SIGNES POUR LE MOINS DÉSAGRÉABLES AUXQUELS VOUS NE VOUS ATTENDIEZ PAS.

UNE RÉACTION DÉSAGRÉABLE, MAIS HEUREUSEMENT PASSAGÈRE.

Ce qui vous arrive porte le nom d’effet-rebond. C’est une aggravation rĂ©actionnelle transitoire qui survient le lendemain ou le surlendemain d’un soin, alors que tout semblait aller pour le mieux.

En général, ce type de réaction a lieu lors des premiÚres séances et ne se reproduit que rarement aprÚs.

Cette phase est d’autant plus surprenante que la personne, rentrĂ©e soulagĂ©e par le soin, se sentait alors beaucoup mieux, d’oĂč sa dĂ©ception ( “ça n’a pas marchĂ©” ou “ça n’a servi Ă  rien” ) ou le doute (“le thĂ©rapeute n’aurait pas fait une bĂ©vue ?” ). Eh bien c’est Ă©trange, mais ce qui se passe est tout Ă  fait normal, et mĂȘme plutĂŽt attendu!

L’effet rebond vient du grec resbon, factice. C’est un terme usitĂ© dans plusieurs disciplines : en mĂ©decine, en psychologie, comme en Ă©conomie. Dans les soins, cette phase dure en gĂ©nĂ©ral 10 jours. Dix jours durant lesquels tout est possible. Ce qui fait que si la personne ressort de la sĂ©ance avec un  soulagement et cette impression d’ĂȘtre dĂ©rouillĂ©, les jours suivants sont moins glorieux. ApparaĂźt une phase d’exagĂ©ration parfois assez spectaculaire : fatigue, courbature, apparition de douleurs variĂ©es, impression d’avoir Ă©tĂ© passĂ© sous un rouleau compresseur, etc. Normalement, au 11Ăšme jour, miracle : tous ces symptĂŽmes disparaissent, y compris celui qui constituait le motif de la consultation.

LE PRIX À PAYER.

La douleur n’est pas lĂ  pour nuire. Elle a une fonction. Elle est un signal d’alarme qui oblige la personne Ă  rĂ©agir, voire Ă  chercher une aide extĂ©rieure. Elle peut ĂȘtre aigĂŒe ou chronique, et plus ou moins expressive. A minima, elle subsiste en toile de fond comme une gĂȘne supportable au fil des ans. Mais derriĂšre cette douleur se dessine un systĂšme qui arrive aux limites de son adaptation. Le corps s’épuise Ă  lutter contre un dĂ©sĂ©quilibre permanent.

Lorsqu’on lĂšve l’obstacle – l’origine du dĂ©sĂ©quilibre – l’organisme peut enfin se lancer dans un processus de rĂ©paration. Celui-ci est consommateur d’énergie et provoque des oedĂšmes, dits de “rĂ©paration”, aux endroits qui nĂ©cessitent remaniement.

Malheureusement, aux endroits oĂč l’espace manque (au niveau de la sortie des nerfs de la colonne vertĂ©brale, la base du crĂąne, sous la clavicule, au niveau du canal carpien, certaines articulations, etc.) l’oedĂšme fera compression, ce qui est douloureux, parfois plus qu’avant consultation.

DES SIGNES DE BON AUGURE

MĂȘme si dĂ©sagrĂ©able, cet effet rebond est donc de bon augure. Il rĂ©vĂšle que l’organisme retrouve le pouvoir de corriger les problĂšmes Ă  l’origine du symptĂŽme. En gĂ©nĂ©ral, cela montre que l’on a touchĂ© Ă  une cause profonde et assure la disparition d’un amas de symptĂŽmes et de la non-rĂ©apparition de ceux-ci. Sauf si la personne rĂ©pĂšte des schĂ©mas comportementaux nuisibles Ă  sa santĂ©. Je m’explique en prenant un exemple simple :  l’insomnie est parfois le rĂ©sultat d’un comportement inaproppriĂ©, par exemple celui de rester devant son Ă©cran d’ordinateur jusqu’Ă  plus de minuit. Vous pouvez recevoir un Shiatsu par semaine, si vous perpĂ©trez cette habitude, vous risquez d’ĂȘtre toujours aussi insomniaque!… Tout le monde sait aujourd’hui que les Ă©crans rĂ©tro-Ă©clairĂ©s jouent sur le systĂšme nerveux et empĂȘchent le sommeil d’arriver. Ce genre de cas serait alors l’indice d’un traumatisme Ă©motionnel inconscient sur laquelle il conviendrait de se pencher lors de la sĂ©ance de Shiatsu.

La personne peut donc naturellement prĂ©senter aprĂšs une bonne sĂ©ance des signes de fatigue, des courbatures, des douleurs migrantes (un coup le genou fait mal, puis la hanche, les lombaires, puis tout ça disparaĂźt alors qu’une autre douleur survient Ă  la nuque, etc.). L’intensitĂ© est tout Ă  fait variable et semble dĂ©pendre de la chronicitĂ©, des tissus concernĂ©s et de l’importance du traumatisme Ă  l’origine de tous ces maux.

POURQUOI CELA N’APPARAIT-IL QU’APRÈS LA SÉANCE  ?

En gĂ©nĂ©ral, la sĂ©ance apporte un gain. La personne se sent soulagĂ©e. Quelque chose vient de se libĂ©rer Ă  l’intĂ©rieur et ça se ressent. En plus du retour de la mobilitĂ©, on a l’impression que “ça circule Ă  nouveau”. Le reste de la journĂ©e, aprĂšs le soin, se passe bien plutĂŽt bien. Il arrive mĂȘme qu’on exagĂšre un peu : certains qui avaient les Ă©paules bloquĂ©es, en profitent maintenant pour nettoyer les rideaux ou tailler les haies, choses qu’ils avaient du mal Ă  rĂ©aliser auparavant.

AprĂšs chaque sĂ©ance de Shiatsu,  il est dĂ©conseillĂ©  d’aller au sport, de faire du jardinage, de porter de lourdes charges, bref de demander des efforts Ă  notre corps et il vaut mieux  rester au calme pour les deux jours qui suivent cette sĂ©ance, de bien s’hydrater pour Ă©liminer les toxines, de rester le plus possible dans cette douce Ă©nergie en faisant le moins de choses possible, en s’intĂ©riorisant… Mais dĂšs le lendemain, parfois c’est la surprise. Que s’est-il donc passĂ© ?

Pendant le sommeil, le corps est entrĂ© dans une phase neurologique parasympathique, c’est-Ă -dire qu’il s’est mis en mode de rĂ©cupĂ©ration. L’organisme est en branle-bas de combat. Les cellules s’activent pour corriger tout ce qui peut l’ĂȘtre et cela se fait par de petites inflammations. Si beaucoup de choses sont Ă  rĂ©parer, il est Ă©vident qu’il y aura des signes de fatigue, voire des courbatures. Quant aux douleurs, elles ne sont que la suite logique de ces inflammations qui compriment et chauffent…

Si la rĂ©action est exacerbĂ©e, la personne est invitĂ©e Ă  prĂ©venir son thĂ©rapeute des rĂ©actions post-sĂ©ances afin de s’assurer qu’il s’agisse bien de cet effet. Mais il faut comprendre qu’on ne peut demander Ă  son corps de reprendre sa course effrĂ©nĂ©e sans une pĂ©riode de repos qui – si l’on a oubliĂ© – porte le nom de “convalescence”.

Bon dimanche Ă  tous.

Flo